La Brigade en folie (1972) de Philippe Clair

Du Praxinoscope au DCP
Avatar de l’utilisateur
Nick Eetah
Bruno Mattei
Bruno Mattei
Messages : 271
Inscription : 05 juil. 2005, 20:43
Contact :

La Brigade en folie (1972) de Philippe Clair

Messagepar Nick Eetah » 16 juil. 2005, 14:29

Je cherche à identifier l'actrice qui joue, avec Pascale Roberts, un rôle de demi-mondaine dans cet excellent film. :D

Image

A droite de Pascale Roberts sur la photo.

Quelqu'un a-t-il une idée? Le générique ne permet en effet pas de l'identifier avec certitude.

Merci. :wink:
Image

Avatar de l’utilisateur
Basculo Cui Cui
John Milius
John Milius
Messages : 16015
Inscription : 29 avr. 2005, 19:10
Localisation : a la plage

Messagepar Basculo Cui Cui » 17 juil. 2005, 00:42

un souvenir ému d'une seance d'anthologie avec allan un bel apres midi d'été :shock: :shock: :shock: :D :D :D :D :D :D

respect eternel a tubbytoast pour nous avoir fait decouvrir cet OFNI :priere: :priere: :priere:









copier coller de l'exellente chonique de nick eetah sur nanarland :

LA BRIGADE EN FOLIE


Les années 1970 eurent décidément des effets inattendus sur le mental de nos acteurs culturels. Jean-Luc Godard tournait des films politiques ; Ringo Willy Cat était une star de la chanson ; Philippe Clair devenait un réalisateur à succès. Oui, car cette «Brigade en folie » que nous traitons ici, ce n’est pas n’importe quel film : c’est une sorte de quintessence de l’humour français seventies à son niveau de n’importe quoi le plus élevé. Un scénario de bande dessinée au rabais, torché en cinq minutes après une muflée au sidi-brahim de contrebande, mis en image à l’arrache et porté par des comédiens en état de freestyle total. C’est beau, c’est grand, c’est du Philippe Clair sous acide.

Image

Sans atteindre (c’est du moins mon opinion personnelle) les cimes qu’il devait escalader joyeusement avec «Le Führer en folie », le psychopathe de Bab-El-Oued établit une sorte de record sur l’échelle du je-m’en-foutisme, filmant son récit dans un tel désordre que deux visions peuvent s’avérer nécessaires pour comprendre ce qui peut en être compris (c’est-à-dire pas grand-chose). Le scénario sort tout droit d’une mauvaise BD franco-belge des années 1960 : les milliardaires faisant tous passer leur argent en Suisse, les Etats n’ont plus rien à prélever et les truands plus rien à voler. Le gouvernement français délègue donc les deux meilleurs agents de sa Brigade Financière, les Commissaires Richard et Grospèze, interprétés respectivement par Jacques Dufilho et Sim.

Image
Image

Le syndicat des truands, de son côté, envoie un gangster pied-noir (Philippe Clair lui-même) et son assistant demeuré (Patrick Topaloff). Nos deux équipes concurrentes vont s’infiltrer à Saint-Flouz, lieu de villégiature des milliardaires, pour essayer de découvrir la filière par laquelle l’argent passe en Suisse.

Image
Image

Oui, vous avez bien lu, il y a UNE filière. Pour faire passer TOUT l’argent de TOUS les riches en Suisse. Et la Brigade Financière comme les truands, qui devraient pourtant s’y connaître un peu, n’ont absolument aucune idée de la façon dont elle fonctionne. On sent que Philippe Clair a dû lire les deux premières pages d’un «Que sais-je ? » sur la finance internationale, avant de l’oublier dans le métro et de se lancer sans documentation supplémentaire dans la rédaction de son scénario.

Image
Image
Image
Image
Image
Image


La méthode des flics et des truands pour remonter la filière est simple : s’infiltrer dans la station de Saint-Flouz et se faire passer pour des milliardaires afin d’entrer dans la confidence. Ici, «La Brigade en folie » démontre l’une de ses principales caractéristiques : la figure dite de « la roue libre ». Nous sommes en effet en présence de ce qui doit être la plus belle collection de cabotinages d’acteurs totalement livrés à eux-mêmes et, visiblement conscients de ce qu’on leur fait jouer, nullement soucieux d’améliorer le niveau global du film. Dire de Jacques Dufilho et Sim qu’ils font n’importe quoi est encore un euphémisme tant leurs mimiques s’accumulent au mépris de toute vraisemblance et de toute utilité. Les autres comédiens ne sont pas en reste, qu’il s’agisse de Pascale Roberts en demie-mondaine, de Philippe Clair en gangster d’opérette ou de Patrick Topaloff, qui charge tant son rôle de crétin qu’il finit par piquer la vedette à tout le monde.
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image
Image


Mais le plus beau, ce qui fait l’originalité intrinsèque de «La Brigade en folie », c’est encore sa capacité quasi-masochiste à démonter ses propres gags. Les trouvailles comiques de Philippe Clair valent ce qu’elles valent, et se démontrent aussi éculées et grotesques que dans ses autres films, entraînant le rire du spectateur à force d’usure. Mais la nouveauté vient ici du fait que les gags d’auto-sabotent en amont comme en aval. Les protagonistes se trouvent ainsi régulièrement amenés : 1) à annoncer ce qui va se passer. Quand plusieurs personnages se trouvent pris d’un fou-rire et que l’un deux annonce «Il va mourir de rire ! », cela veut dire que l’un d’eux va effectivement mourir de rire dans les secondes qui viennent. 2) à commenter ce qui vient de se passer. Quand le chien de Pascale Roberts mange la perruque de Sim, Jacques Dufilho commente pour nous le fait que le chien vient de manger la perruque, ce que le spectateur le plus mal-comprenant a pu voir.

Image
Image
Image
Image


Toute la force conceptuelle de «La Brigade en folie », ce qui contribue à en faire un objet filmique plus que précieux, tient dans les deux niveaux de la non-fonctionnalité de ses gags. Le film est non-drôle en deux couches : le premier degré de sa médiocrité tient dans la nullité intrinsèque des gags ; le deuxième tient dans le commentaire qui en est fait par les personnages AVANT et APRES, sapant doublement les effets comiques pour ce qu’ils pourraient avoir de vaguement efficace.

Image
Image


La double nature de la géniale nullité de «La Brigade en folie » fait que son paradoxe de comédie nanarde se trouve augmenté de manière paroxystique : le fait que des gags intensément navrants soient encore sapés par la manière profondément ratée dont ils se succèdent à l’écran finit, allié au rythme d’enfer de leur succession, à distiller une euphorie comique rarement atteinte. Un certain nombre de scènes comiques sont ainsi totalement dénuées de sens, poussant extrêmement loin leur idée de départ, au point de verser dans un délire psychédélique : je pense notamment à la scène dite du « calumet de la paix », fumé par policiers et truands, au terme de laquelle Dufilho et Sim, totalement défoncés par la fumette, s'élancent nus vers la route de Katmandou.

Image
Image
Image
Image
Image
Image

Bercé par la profondeur de la stupidité ambiante, le spectateur finit par plonger dans un monde autre, où les règles communément admises de l’humour et de la vraisemblance n’ont plus cours, et où ce qui n’est pas drôle devient, précisément, ce qui est le plus intensément comique. Le mystère de la comédie nanarde se fait décidément toujours plus insondable au fur et à mesure que ses trésors sont exhumés…Précisons tout de même qu’un tel film peut au contraire susciter des envies de meurtre chez le spectateur dont les défenses immunitaires anti-comédies nanardes seraient trop développées. Un examen médical est donc à conseiller avant de se risquer au visionnage de «La Brigade en folie », comme d’ailleurs de beaucoup d’autres comédies françaises.

Image
Image
Image


A noter une petite particularité sur ce film : Philippe Clair semblait avoir développé à l’époque une sorte de fétichisme de la mousse, tant les personnages se trouvent fréquemment recouverts de mousse d’extincteur, de mousse de savon, ou de n’importe quoi qui fait des bulles. Soit l’auteur croyait avoir découvert une nouvelle panacée hilaro-poilante, soit le beau-frère du producteur avait des actions dans une entreprise de mousse à raser.

Image
Image
Image
Image
Image

La cerise sur le gâteau est amenée par l’apparition de Marcel Zanini, grand responsable de la filière d’argent sale (on y croit !), dont les quelques scènes sont l’occasion de quelques moments intensément nanars. Le même Zanini déclara plus tard dans une interview que, sur le tournage, la plupart des acteurs étaient comme en vacances en Suisse et ne se souciaient pas du tout du film. C’est bizarre, ça ne se voit pas du tout…

Image
Image
Image


En fin de compte, la vision de «La Brigade en folie » n’est à conseiller qu’aux spectateurs les plus résistants : si vos nerfs tiennent, vous vivrez un voyage profondément unique aux frontières du cinéma comique le plus crypto-démentiel. Sans rime ni raison, tout entier porté par la démence d’un Philippe Clair totalement oublieux des usages les plus élémentaires du cinéma de qualité, ce film réinvente, en même temps qu’il l’enterre, la comédie populaire française, laissant loin derrière «Mon Curé chez les nudistes » et même «Mon Curé chez les Thaïlandaises », pour ne rien dire des meilleurs films de Jean Lefebvre, relégués au rang de vieilleries conventionnelles. Du pur cinéma conceptuel, à voir pour ne pas le croire. Vous planerez ou vous craquerez, ça passe ou ça casse !

Image

Image
Image

A noter que Dufilho et Sim étaient à l’époque un duo comique plutôt en vogue, comme en atteste leur présence commune en couverture de «Pif Gadget ». Ils jouèrent ensemble dans divers sketches et dans un autre film, « La Grande Nouba ». Jacques Dufilho, vétéran du cabaret, devait ensuite connaître une sorte de «réhabilitation », accédant au rang d’acteur de prestige, ce qui donne rétrospectivement à leur duo une allure un peu «carpe et lapin ». Se doutait-il que nanarland rappellerait le temps de son partenariat avec Sim au bon souvenir du public ?


LA BRIGADE EN FOLIE
Pays : France
Année : 1973
Genre : Y-a-t-il un scénariste sur le tournage?
Catégorie : Comique
Avec : Jacques Dufilho, Sim, Patrick Topaloff, Pascale Roberts, Marcel Zanini

Nikita : 4
Image

Avatar de l’utilisateur
Cyril
Administrateur
Administrateur
Messages : 25143
Inscription : 26 avr. 2005, 13:15
Localisation : Sur Mafiameme
Contact :

Messagepar Cyril » 17 juil. 2005, 09:02

peter wonkley a écrit :un souvenir ému d'une seance d'anthologie avec allan un bel apres midi d'été :shock: :shock: :shock: :D :D :D :D :D :D


Clair, souvenirrrrrrrrrrrr !!
Philippe Clair is god :priere:
"Comme disait mon ami Richard Nixon, mieux vaut une petite tâche sur la conscience qu'une grosse sur l'honneur. Allez en vous remerciant bonsoir."

Clément
Jess Franco
Jess Franco
Messages : 522
Inscription : 15 mai 2005, 08:10

Messagepar Clément » 17 juil. 2005, 09:11

Nick tu es un pervers, je preterais plus jamais de film...
Comment on dit aurevoir en russe? Auf wiedersehen?

bill carson
Rob Zombie
Rob Zombie
Messages : 32
Inscription : 17 mai 2005, 22:49

Messagepar bill carson » 19 juil. 2005, 20:34

Le Bissophile, dans son n°7, rendra hommage à Sim et Dufilho. Et à propos de Sim, il a participé à un film qui est à mon sens encore pire que La brigade en folie : il s'agit de Drôle de zèbre, le seul film de Guy Lux, avec également Topalof et Michel Coluche, qui est une forme de paroxysme de la nullité méritant l'Oscar du j'menfichisme filmique.
Zanini (père du sulfureux M.E. Nabe) apparaît également dans une invraisemblable "pagnolade" sortie en VHS chez PCV : Arrête ton cinéma, également chroniqué dans le prochain Bissophile.

Avatar de l’utilisateur
Cyril
Administrateur
Administrateur
Messages : 25143
Inscription : 26 avr. 2005, 13:15
Localisation : Sur Mafiameme
Contact :

Messagepar Cyril » 19 juil. 2005, 20:50

Merci pour les infos Bill !
"Comme disait mon ami Richard Nixon, mieux vaut une petite tâche sur la conscience qu'une grosse sur l'honneur. Allez en vous remerciant bonsoir."

Avatar de l’utilisateur
Basculo Cui Cui
John Milius
John Milius
Messages : 16015
Inscription : 29 avr. 2005, 19:10
Localisation : a la plage

Re: La Brigade en folie (1972) de Philippe Clair

Messagepar Basculo Cui Cui » 17 mars 2009, 20:48

Image


Revenir vers « Cinoche »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 45 invités