La Dottoressa del distretto militare - Nando Cicero (1976)

Du Praxinoscope au DCP
Avatar de l’utilisateur
Basculo Cui Cui
John Milius
John Milius
Messages : 16242
Inscription : 29 avr. 2005, 19:10
Localisation : a la plage

La Dottoressa del distretto militare - Nando Cicero (1976)

Messagepar Basculo Cui Cui » 30 avr. 2005, 12:16

copier coller de l'ami nikita de nanarland :

LA TOUBIB DU REGIMENT

(La Dottoressa del distretto militare)

Objet d’un culte chez certains cinéphiles vicelards mal remis des années 1970, le film dont il va maintenant être question est une sorte de mètre étalon (sans aucun double sens grivois) de la comédie basse italienne du plafond, la «commediaccia », comme disent nos voisins transalpins. A l’image de L’ «Infirmière de nuit », «La Prof donne des leçons particulières », «Les Lycéennes redoublent » et autres «Zizis baladeurs », ce petit classique suit scrupuleusement les codes de la «sexy-comédie » ritale : quatre livres de sexe soft, un ou deux litres de rire gras-double, on lie la sauce avec des pets, des gags scatologiques, des grimaces macaquesques de la part d’une escouade de cabotins déchaînés, des plans nichons sous le moindre prétexte, on fait réchauffer avec trois kilos de vulgarité, et on sert à la louche dans les écuelles ! Ne pas hésiter à en reprendre, ça se consomme traditionnellement par grosses portions, jusqu’à l’indigestion ! (Ne pas hésiter à péter et à gerber durant ladite indigestion, histoire de rester dans le ton du film)
Image
Oh, un beau montage photoshop avec la tête d’Edwige Fenech sur le corps d’une quelconque actrice de porno (ou mannequin de La Redoute) !


Incunable de ce genre très coté durant les années post-1968 (grosso modo jusqu’à l’autorisation du porno hard en Italie), «La Toubib du régiment » compte à son actif la participation de l’actrice française Edwige Fenech, star incontestée du cinéma trash italien. Opulente et gironde comme une accorte serveuse de trattoria, «la » Fenech, plus que les autres vedettes du genre comme Nadia Cassini, Paola Senatore ou Gloria Guida, incarna les fantasmes du spectateur italien moyen, ses douces formes rondelettes en permanence comprimées par d’étroites tenues prêtes à craquer. Elle trouve ici le rôle de sa vie, celui qui allait plus que tout autre symboliser sa grandiose carrière dans la mémoire collective. Edwige interprète une jeune femme médecin, chargée d’inspecter les bidasses avant leur incorporation.

Image
Image

Haaaa, les bidasses ! Un mot sans doute destiné à disparaître du français courant tant il est lié à une époque révolue. On ne dira jamais combien la suppression du service militaire en France a contribué à appauvrir les sources d’inspiration potentielles des humoristes ringards. Fini, le bon vieux temps des Charlots et des «Comment se faire réformer » réalisés par Philippe Clair et autres «Embraye bidasse, ça fume » de Max Pécas ! A l’hospice, les comiques troupiers ! Vu souvent comme un ingrédient vernaculaire de l’humour naze français, le bidasse fut pourtant une mine pour les comiques du monde entier, les italiens en tête (Dieu sait ce qu’ont dû faire les turcs…) Aucun ingrédient ne manque ici : recrues prêtes à tout pour éviter leur incorporation, faux malades, blagues de potaches éculées, gags à base de flacons d’urine, grandes folles, travestis, soldats sans testicouilles, demeurés congénitaux, le tout relevé par un véritable festival de grimaces démentes.

LA TOUBIB DU REGIMENT ! UN FESTIVAL DE GAGS RAFFINES !
Image
Image
Image
Crac!
Image
Plouf!

Les officiers et médecins du régiment ne sont pas en reste, interprétés qu’ils sont par une troupe de cabotins dopés à la grappa et totalement en free style, le réalisateur s’étant sans doute contenté de poser sa caméra par terre et de leur demander d’improviser des âneries.

DES ACTEURS SUBTILS ET INSPIRES !

Image
Image
Gianfranco D'Angelo!
Image
Carlo Delle Piane!
Image
Mario Carotenuto!
Image
Image
Nino Terzo!
Image
Curiosité : Jimmy il fenomeno, l'acteur porte-bonheur de la comédie naze italienne, joue ici en travesti un petit rôle de bonne soeur...

UN HYMNE AU RAFFINEMENT ET A LA POESIE !
Image
Image
La scène du lavement. Indispensable !
Image
Image

L’histoire tourne autour des mésaventures d’un jeune réceptionniste d’hôtel, désireux d’éviter le service pour conserver son poste qui lui permet de côtoyer de superbes clientes en rut. Notre héros va-t-il réussir à échapper l’incorporation en bernant la toubib Edwige Fenech d’une part, et à se taper doctoresse, de l’autre ?

UN HEROS CHARISMATIQUE !
Image

Les tribulations d’un héros « positif » se devant d’être accompagnées de celles d’un sidekick comique, les auteurs du film flanquent le jeune protagoniste d’un copain de chambrée tout aussi réfractaire, interprété par l’inénarrable Alvaro Vitali, le nabot simiesque le plus hallucinatoire du cinéma.

FESTIVAL ALVARO VITALI !
Image
Image
Image
Alvaro Vitali ! Révélé par des apparitions dans les films de Federico Fellini qui appréciait sa tronche, cet acteur allait être durant les années 1970 l’un des seconds rôles les plus cotés de la comédie débile italienne, jusqu’à devenir vedette à part entière dans «Le Con de la classe », qui allait l’amener au sommet de la gloire tout en faisant de lui le symbole du pire cinéma italien, ce dont il allait avoir ensuite du mal à se remettre. Ici, Alvaro est totalement déchaîné, et multiplie les stratagèmes les plus idiots pour se soustraire aux obligations militaires, avalant tout ce qu’il est possible humainement d’avaler pour se provoquer un ulcère. Attrapant les œufs avec ses fesses, grimaçant comme un babouin sous injection de chianti frelaté, Alvaro Vitali pique amplement la vedette au jeune héros, s’imposant comme la star incontestée du film, dont il personnifie la nanardise sous sa forme la plus brute. Respect total !

The scène culte du film : pour le faire rapetisser et lui éviter le service, le sergent lave les pieds d’Alvaro, lui faisant perdre plusieurs millimètres (de crasse !)
Image
Image
Image
Image
Image
Image
En comparaison, Edwige Fenech, bien qu’était exhibée par le réalisateur comme un parfait objet sexuel, parvient à garder une certaine dignité de par la sympathique présence dont elle fait preuve dans un rôle par essence limité. Sans être une grande comédienne, loin de là, Edwige avait généralement l’air de s’amuser à montrer ses atours à un public en chaleur, se rendant plus attachante que la plupart des actrices de film érotique.
Image
Image
Image
Oh Edwige!

Image
Image

Véritable document sur une époque révolue du rire, «La Toubib du régiment » se montre plus attachant que les mauvaises comédies à la française, son « italianité » lui conférant un surcroît d’exotisme que rehausse une version française particulièrement redoutable. Humour niveau pétomanes et fête du slip, chair fraîche à gogo, ce film fut l’un des plus gros succès du genre en Italie comme en France, faisant la gloire d’Edwige Fenech et la fortune du producteur Luciano Martino, qui s’imposait définitivement comme le nabab du rire gras en Italie. La légèreté évanescente d’un scénario invertébré achève de donner à ce plaisir coupable un caractère complètement inoffensif, a contrario de ce que sa vulgarité laissait craindre ou espérer. A consommer comme une friandise hors d’âge un peu lourde, mais toujours savoureuse ! Attention quand même au cholestérol, c’est carrément gras !
Image

LA TOUBIB DU REGIMENT

Genre : La toubib n’a pas de culotte !
Catégorie : comique
Année : 1976
Pays : Italie
Réalisateur : Nando Cicero

Avec : Edwige Fenech, Alfredo Pea, Alvaro Vitali, Mario Carotenuto, Gianfranco D’Angelo, Nino Terzo, Carlo Delle Piane

Nikita : 2,25

Avatar de l’utilisateur
riton
Mario Bava
Mario Bava
Messages : 3085
Inscription : 28 avr. 2005, 16:05

Messagepar riton » 30 avr. 2005, 13:10

La vision de celui-ci me manque sérieusement, ainsi que la Poliziotta fa carriera, et c'est pas faute de l'avoir cherché chez les buralistes du coté de chez moi. Mais c'est bien connu, en province, mon bon monsieur..

Incunable de ce genre très coté durant les années post-1968


La vraiment grosse comedie sexy vague se situe plutot dans les années 1975 - debut 80's. Il existe bien sur des exemples du genre début 70's (les Laurenti avec Fenech notamment), mais si les actrices donnaient déjà d'elles-meme, il faut attendre quelques années pour voir se constituer les équipes masculines type Vitali - Banfi - Montagnani qui vont faire monter la sauce trash-prout-fille à poil vers les sommets. A partir de là, la production s'emballe, il n'y a qu'à regarder la filmo des acteurs et réalisateurs pour constater le rythme stakhanoviste des tournages.
Notons au passage que les bonshommes précités sont de veritables performeurs haut-de-gamme, que des acteurs de comedie comme Banfi ou Montagnani sont bien du niveau d'un Francis Blanche, et que des comme ça, ils ont cassé le moule ma bonne dame.

Avatar de l’utilisateur
Basculo Cui Cui
John Milius
John Milius
Messages : 16242
Inscription : 29 avr. 2005, 19:10
Localisation : a la plage

Re: La Dottoressa del distretto militare - Nando Cicero (197

Messagepar Basculo Cui Cui » 03 juil. 2011, 11:36

ImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImage
ImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImage
ImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImage
ImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImage
Image


Revenir vers « Cinoche »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Bing [Bot], Google [Bot], Lord Ruthven et 66 invités